Bien avant l'édification de la forteresse grise,
Bien avant l'invasion des croix et des glaives sournois,
Ici, à Montségur, battait le coeur d'un village insouciant,
Dont les murs de silence veillent encore parmi les broussailles.
Les vainqueurs de la honte ont rasé le village,
Pillé les maisons, saccagé les foyers,
De ceux qu'ils appelaient les hérétiques,
De ceux qui leur étaient insoumis.
On leur a tout enlevé, tout arraché,
Jusqu'à brûler leurs corps déchirés de douleur,
Dont les flammes respirent encore dans les herbes folles,
Où les fumées se nappent en brumes solitaires.
Le Montségur Cathare n'est plus,
Une poignée de cendres balayée par le vent,
Un tas de pierres aux rêves brisés,
Un cortège d'ombres errant sur les pentes du pech.
Seule l'horizon lointaine est restée la même, fidèle,
Soulignant le temps d'indicibles espoirs,
Qui s'étire aujourd'hui devant nous,
Pour un voyage en Terre d'Histoire.
Quand le regard des Cathares vient se fondre dans le notre,
Qu'il vient murmurer leurs maux de larmes,
Avant de se fondre dans la rivière du temps,
Vers les horizons éternels, que jamais personne ne leur enlèvera.
Photo : Vue de Montségur




























