Le jour s'endort dans les frimas de l'hiver agonisant,
Le vent se tait,
Les rues se vident,
Seul le chant du silence entonne sa douce mélodie.
Je pars, je te quitte, une fois de plus,
Et je me retourne une dernière fois,
Seule, au milieu de nulle part,
Avant de rejoindre la ruelle sombre qui me ramène vers les contrées d'exil.
Bientôt, je ne verrai plus tes tours hautaines bravant le ciel,
Tes châteaux magiques aux fantômes dansants,
Qui se dressent fièrement sous la pluie d'étoiles.
Je partirai alors, le pas lourd, les yeux perlés de larmes,
Emportant dans mon coeur le souvenir de tes chants de pierres,
Et l'empreinte de ton regard couleur crépuscule.
Je garderai en moi ton image féerique,
Comme on porte un mirage en sa mémoire désertée,
Tout au long de l'interminable route grise.
Mais je sais que, bientôt, je reviendrai marcher sur tes pavés du temps.
J'irai à nouveau me blottir contre tes remparts secrets,
Où rayonnent tes visages intemporels,
Où s'enchevêtrent voûtes et arcades aux reflets d'oubli.
Je flânerai à nouveau le long de tes parchemins de ronde,
Ouverts au souffle des terres froissées,
A la recherche de tes trésors perdus,
Que la lumière et les ombres savent si bien magnifier.
Photo : Carcassonne

























