La Lune a revêtu son habit de mystère,
Dont l'étoffe tissée de silence,
S'enlumine des halos du soleil
embrasé.
De sa lumière rousse aux reflets
envoûtants,
Elle vient éclairer les sous-bois
obscurs,
Où chaque cime s'élève en flamme
enchanteresse.
Au loin résonne, dans les nuées drapées de
bleu,
Le hululement profond de la chouette aux yeux
d'or,
Qui annonce le présage d'une frénésie
nocturne.
Ainsi, sortie de sa torpeur ouatée,
La forêt se réveille pour une vie
secrète,
Vibrante sous l'oeil complice du
firmament.
Dame Lune, aux rondeurs pleines et
généreuses,
Appelle d'une langoureuse complainte,
Les Etres merveilleux du monde
invisible.
C'est leur nuit, c'est leur temps.
Alors, à pas de loup, à pas de
velours,
Les elfes et les fées sortent de leur léthargie
souterraine,
Impatients d'arpenter le chemin des
rêves.
Leurs yeux de rosée brillent dans la lumière
ambrée,
Avides d'espoir au Clair de Lune.
Et ils hument les parfums de la terre
sacrée,
Et ils goûtent au sourire des rivières
cristallines,
Toutes ensorcelées, le temps d'une étrange
nuit.
Puis, riants et dansants dans le murmure des
feuilles,
Ils se consument dans une folle
allégresse,
Ivres de leur belle échappée.
Derrière eux, se dessinent des volutes
étoilées,
Aux délicates arabesques poudrées d'or
fin,
Comme une empreinte lumineuse de leur passage
éphémère.