Accueil Date de création : 30/11/08 Dernière mise à jour : 18/03/10 22:36 / 471 articles publiés
 

Occitanie

Visage du Temps  (Occitanie) posté le jeudi 04 mars 2010 22:44

Visage du Temps,

Sourit aux quatre vents,

Des plaines du Passé,

Aux couleurs de l'Eternité.

Messager du chemin des âges,

Le regard tendu vers l'horizon de l'à venir,

Il veille sur les éphémères passagers que nous sommes,

A la croisée des chemins destinés.

C'est l'éclaireur de la nuit des Temps,

Qui guide nos pas sur le fil de Soi,

Quand nos âmes somnambules se noient,

Dans le gouffre du sablier mouvant.

La peau de bois polie par les larmes du ciel,

Où le temps perdu vient graver ses rides d'amertume,

Porte en son coeur les secrets oubliés, 

De l'insouciance abandonnée aux douleurs de la vie.

 

Photo : visage sculpté à Mirepoix

 

 

 

 

 

 

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Inquisition  (Occitanie) posté le dimanche 24 janvier 2010 21:49

Inquisition, inquisiteurs,

Sbires de l'enfer en robe de bure,

Portent sur leur ventre rebondi,

L'insigne passée d'une abominable torture.

Ils ont gravé la terreur et la haine sur la douce Terre d'Oc,

Par leur mains gantées de fer,

Dont l'une porte les chaînes de la torture,

L'autre le tisonnier des flammes des bûchers.

Intolérance et cruauté habitent leurs âmes noires,

Qui se nourrissent des souffrances de cendres,

Et s'abreuvent des cris des cachots,

Aveugles et sourds aux douleurs infinies.

Inquisition, inquisiteurs,

Le visage impassible, le regard obscurci,

Condamnent sans merci leurs innocentes victimes,

Au feu de la haine ou à la pestilence des prisons sans lumière.

Bourreaux du mal au souffle morbide,

Repus par leur terrible besogne,

Vont psalmodier leur honteuse victoire,

Dans leurs temples imposants aux icônes factices.

Mais partout résonnent, sur la Terre d'Oc,

Les chants immémoriaux des Cathares insoumis,

Quand, sur les montagnes bleues, souffle le vent de la liberté,

Et brille dans les nuits étoilées, leur regard aux lueurs de l'Eternité.

 

 

Photo : Gargouille, Carcassonne

 

 

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Trencavel  (Occitanie) posté le dimanche 11 octobre 2009 20:57

C'est l'automne, à Carcassonne.

Autrefois saison lumineuse des ses couleurs fauves et chatoyantes,

Crépitante comme un feu de joie,

Quand troubadours et jongleurs égayaient les longues soirées,

Trêve tranquille avant l'arrivée de l'hiver...

Mais, en cette année 1209, l'automne est gris, l'automne est froid,

Les feuilles tombent lourdement sur les passants,

Aux yeux emplis de larmes, le dos courbé de lassitude.

Car toi, jeune vicomte Trencavel,

Chevalier courageux bercé d'idéaux,

Tu agonises lentement dans la prison du malheur,

Victime de ta droiture et de ton intégrité.

Insidieusement, les volutes angoissantes des brumes nocturnes,

Enveloppent les tours de ta sublime Cité,

Dont les pierres se foncent de tristesse,

Et des murs coulent les larmes du chaos.

Aucun bruit, aucun pas n'osent arpenter les ruelles pavées,

Autrefois animées et colorées.

Elles sont maintenant devenues sombres et inertes,

Figées dans un silence de mort.

Au fond de ta geôle d'oubli,

Le froid éteint les dernières braises de ton coeur,

Lentement étouffées, à petit feu,

Pendant que tes bourreaux, portant croix et glaives,

S'enivrent du vin de la trahison,

Riant à gorge déployée de leur honteuse victoire,

Le sang des justes, encore tiède sur leur mains.

Dehors, la nuit tombe dans la brise glaciale,

Tandis que la lune pâle brille de ses éclats d'argent,

Eclairant ton visage émacié par la souffrance,

Creusé par la torture de la solitude,

Dans l'angoisse profonde de tes derniers instants.

Du gouffre des soupirs résignés,

Monte l'insupportable sentiment d'impuissance,

Devant le cri de ta terre envahie,

Et les pleurs des tiens, brûlés ou soumis.

Soufflant leur détresse et leurs cendres,

Le vent maudit te nargue,

Crevasse ta peau de sa morsure gelée,

Entaille ton coeur d'une infinie douleur.

Tu n'as même plus la force de crier ton désespoir,

Coincé entre les murs humides et noirs dégoulinants de haine,

Livré aux relents putrides des cachots obscurs.

Errant dans cette insoutenable souffrance,

Quand tes forces t'abandonnent,

Doucement ton âme s'endort, 

Rêvant de liberté et de couleurs,

De musique et de fin'amor,

Derniers vestiges d'une vie passée.

Car dans la nuit froide et coupante,

Les chouettes hululent un chant lugubre,

Les chiens hurlent à la mort,

Annonçant l'arrivée imminente du spectre squelettique à la faux tranchante.

Vas, jeune vicomte, fermes tes yeux vides de larmes,

Evades-toi hors de ce taudis,

Pour une ultime revanche sur ce meurtre sournois.

Laisses ce corps devenu trop lourd aux innombrables stigmates,

Creusés sur ton corps, gravés dans ton coeur,

Pour te faufiler entre les barreaux de fer,

Tel un chevalier diaphane volant vers le monde céleste,

Libéré de toute souffrance, allégé de toute torture,

Dans un dernier élan de résistance.

Alors ton âme, une étoile devenue,

Illuminera la Cité tant aimée, de son regard éternel.

 

 

 

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Feuille d' Or  (Occitanie) posté le dimanche 13 septembre 2009 22:47

Pays d'Oc, Terre de légendes merveilleuses,

Antre des Etres enchanteurs, des fantômes et des fées,

Où l'invisible joue avec le visible,

Où les châteaux flottent dans un océan de nuages.

Pays d'Oc, Terre de trésors, 

Asile intemporel des peuples exilés,

Où l'or des écus sonnants et trébuchants n'est qu'un leurre,

Où les hommes en mal de richesse errent dans les labyrinthes mythiques.

Mais... le véritable trésor, lui,

Se trouve dans chaque parcelle, si infime soit elle,

Du grain de sable à la montagne,

Dans les pierres, les arbres, les rivières,

Que le vent sculpte avec justesse,

Qu'un rayon de soleil vient illuminé délicatement,

Le temps d'un interlude éphémère et magnifique.

Le véritable trésor de la Terre d'Oc,

Vit dans chaque instant d'émerveillement que sa beauté suscite,

Pour qui sait la regarder vivre et l'écouter vibrer...

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Sous un olivier  (Occitanie) posté le jeudi 03 septembre 2009 21:53

Par un bel après-midi d'été,

Sous un olivier,

Je me suis abritée dans ses bras noueux.

Ses feuilles délicates se découpent sur l'azur céleste,

D'un côté vert patiné,

De l'autre vert brillant.

Fier, il domine la garrigue de sa haute cime,

Et m'entoure de son ombre bienveillante.

Puis, le soleil se fond dans l'horizon,

Il est temps de poursuivre la route.

Je quitte doucement mon refuge éphémère,

D'une dernière caresse sur son écorce fragile,

Et laisse la place aux oiseaux en quête d'un abri.

 

 

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