Le temps passe,
Je ne suis plus qu'écorce grise et sèche,
Battue par le vent, chauffée par le soleil.
Je reste là, debout, les bras usés, parfois brisés,
Sous le poids des ombres passées,
Implorant l'azur d'un sursis éternel.
Bruyères et broussailles chantent leurs couleurs,
Qui se reflètent dans mes yeux pâlis,
Miroirs d'une âme perdue au milieu du temps.
J'erre, à la lisière du chemin,
Où tant de passagers ont gravé leurs empreintes,
Sur le chemin aux pierres d'Histoire.
Je me souviens... il y a fort longtemps...
Avoir abrité sous ma voûte luxuriante,
Les bergers au regard paisible,
Les Bons Hommes au sourire serein.
Puis le froid s'est installé,
Le chant du vent s'est fait lugubre,
Appelant nuages noirs et présages sombres.
Je me souviens... il n'y a pas si longtemps...
Avoir consolé des fantômes exilés,
Poursuivis par la haine en armure,
Quand flammes et cachots menaçaient l'horizon.
Aujourd'hui, je veille à l'orée du néant,
La cime cassée, les branches décharnées,
Sur la Lande de leur Mémoire.
Seules mes racines ancrées dans la Terre,
S'abreuvent de leur cendres et de leur sang,
Signant ici bas leur présence perpétuelle .























